Jurassic World : Le Monde d'après


Jurassic World : Le Monde d'après
Réalisateur :
Colin Trevorrow
Pays d'origine :
US
Titre original :
Jurassic World : Dominion
Durée :
2h26
Année :
2022
Date de sortie nationale :
08/06/2022
Genre :
AC,AV,SF
Casting :
Chris Pratt, Bryce Dallas Howard, Jeff Goldblum, Laura Dern, Sam Neill…
Synopsis :
Quatre ans après la destruction de Isla Nublar. Les dinosaures font désormais partie du quotidien de l'humanité entière. Un équilibre fragile qui va remettre en question la domination de l'espèce humaine maintenant qu'elle doit partager son espace avec les créatures les plus féroces que l'histoire ait jamais connues.
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La Mézière
Mer 10 août
21:30
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Jeu 11 août
15:15
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Ven 12 août
21:30
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Sam 13 août
15:15
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Dim 14 août
21:30
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Lun 15 août
15:15
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Mar 16 août
21:30
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Pleurtuit
Dim 14 août
21:00
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Rennes
Du mer 10 août
au dim 14 août
17:50
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Lun 15 août
21:15
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Mar 16 août
17:50
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St-Malo
Mer 10 août
20:10
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Jeu 11 août
14:15
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Ven 12 août
17:10
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Sam 13 août
20:10
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Dim 14 août
19:20
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Lun 15 août
20:10
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Mar 16 août
20:10
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sorti le 08/06/2022

De retour derrière la caméra pour conclure cette trilogie qu'il avait initié en 2015, Colin Trevorrow délaisse quelque peu la tension au profit de l’action. Captées par une caméra dynamique à hauteur des têtes des dinosaures, traquant les humains qui parviennent miraculeusement toujours à s'échapper, idéalement à la dernière minute, l’action penche plutôt vers l’autre licence phare d’Universal que vers la mise en scène très esthétisée de Fallen Kingdom. Toutefois, les deux réalisateurs ne cherchent pas à torpiller leur travail respectif d’un film sur l’autre et œuvrent pour dérouler un fil rouge cohérent.

Ainsi, l’évolution de Claire se prolonge, de responsable du parc à activiste contre les entreprises exploitant les dinosaures, tandis que Maisie se place au cœur de l’intrigue et des thématiques de cette nouvelle trilogie. Incontournable atout marketing, le retour du casting des deux Jurassic Park de Spielberg permet enfin d’assumer l’union de cet univers évoluant dans sa propre uchronie depuis les années 1990. Laura Dern, Sam Neill et Jeff Goldblum ont pris quelques rides mais leur personnage eux sont restés les mêmes ; leur passif avec le parc et ses créateurs permettent aux scénaristes de les inclure naturellement dans le récit, sans forcer la case de la pure nostalgie, et de conclure enfin des arcs inexplorés dans le troisième volet, plus proche du téléfilm que de la fin d'une trilogie ayant indéniablement marqué l’histoire du cinéma au tourant du numérique. Pourtant malgré leur importance, ces retours n’éclipsent pas Chris Pratt, tête d’affiche de cette trilogie, et le récit prend même le temps de présenter deux nouveaux personnages, une pilote et un jeune scientifique, trahissant tout deux leur devoir au profit du bien. En plus des nombreux retours discrets d’ennemis de la première trilogie, les activistes de Fallen Kingdom agissent encore aux côtés de Claire en début de film et notre Omar Sy national a aussi le droit à sa séquence de domptage de raptor aux côtés d’Owen, apportant un sentiment de cohérence d’ensemble à la saga.

La soif de contrôle sur la nature de l’homme est symbolisée par les manipulations génétiques, d’un côté faites pour le profit et de l’autre par amour, le premier amenant à l’autodestruction et le second l’évitant. Cette note d'espoir aboutit à la cohabitation, idée malheureusement trop peu explorée et pourtant magnifiquement montrée dans des plans dignes des plus beaux documentaires animaliers dans lesquels les gigantesques brachiosaures se retrouvent face à des humains fascinés ou autres dinosaures terrestres et marins se mêlent au reste de la faune. Servis par des effets spéciaux convaincants et des animatroniques impérissables, les dinosaures donnent une fois de plus lieu à un véritable jeu de chat et de la souris dans des environnements néanmoins plus variés que ceux des parcs. Si l’action est prédominante, de la course poursuite en moto sur l’île chaleureuse de Malte à celle en avion au-dessus de monts enneigés, Trevorrow nous offre tout de même des plans plus lents, travaillant une tension exquise comme celui ou Claire se réfugie dans l’eau pour échapper à un super-prédateur ou celui où Maisie se fige sur une échelle, à peine protégée par la sécurité sur laquelle une gigantesque mâchoire s’abat.

Force de la nature, les dinosaures se chassent entre eux et ne s'intéressent guère aux humains qui sont pourtant les véritables ennemis de cette histoire et de cette saga. À force de modification génétique, d'abord dans un simple besoin de divertissement ensuite par la volonté bien américaine d’armement, c'est cette fois-ci le désir de monopole par l'élimination de la concurrence qui risque de causer l’extinction de l'humanité. Difficile de ne pas voir le parallèle entre Universal, studio centenaire qui lutte avec sa licence aussi vive et réputée qu’un raptor face à Disney, super-prédateur avalant studio après studio sans la moindre satiété. Si la question du « Dominion » sous entendue par le titre original est partiellement traitée par l’isolation des super-prédateurs dans une réserve naturelle et de la bonne cohabitation des dinosaures plus inoffensifs avec les autres animaux de la planète, la question du « Monde d’après » (sous-titre de la version française) reste en suspens et attise notre curiosité et notre envie d’explorer encore ce monde désormais à cheval entre notre ère et le Jurassique.

Gwendal Ollivier