Un Beau Soleil Intérieur


Un Beau Soleil Intérieur
Réalisateur :
Claire Denis
Pays d'origine :
FR
Titre original :
Durée :
1h34
Année :
2017
Date de sortie nationale :
Genre :
CO,DR
Casting :
Juliette Binoche, Xavier Beauvois, Philippe Katerine…
Synopsis :
Isabelle, divorcée, un enfant, cherche un amour. Enfin un vrai amour.
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par Marc Flageul

La réalisatrice explore les errements amoureux du personnage interprété par Juliette Binoche. De liaison en liaison, de ratage en ratage, le spectateur suit son mal-être, accompagné d'une galerie de personnages tous différents, allant du gentil bizarre au pauvre type lâche.

Claire Denis ne débute pas. Cela se sent. Quelle maîtrise ! Pas un plan, pas un angle qui ne soit laissé au hasard. La réalisatrice va même jusqu'à sortir des sentiers battus. L'averti verra la beauté du cadrage dans la scène de dialogue dans un piano-bar. Au lieu de s'en tenir au traditionnel champ-contrechamp, la caméra suit les errements de la musique. Le fond sonore prend toute son importance dans ce geste. Dans cette jolie mélodie, quoiqu'un peu convenue, se retrouve le rapport entre les deux personnages. L'un affreux mais tellement simple dans sa veulerie, l'autre ne sachant ou aller, suivant les pas de danse de la caméra.

Mais cette oeuvre est surtout portée par une pléiade d'acteurs, tous savent tirer leur épingle du jeu. Phillipe Katerine égal à lui-même joue une sorte de Pierrot Lunaire, porteur d'une vrai tendresse. Juliette Binoche dans le rôle principal est superbe de justesse, mais l'on en attendait pas moins. La palme revient surtout à Xavier Beauvois, l'acteur surpasse le rôle et arrive à lui insuffler une cuistrerie, une bassesse et une méchanceté incroyable. Bouffon pétri d'orgueil, son jeu vaut à lui seul le prix du billet d'entrée.

"Un beau soleil intérieur" pêche par moment, trop de verbiage, un milieu socioprofessionnel vu et revu dans le cinéma français (le monde des artistes), mais pourtant c'est un long métrage qui oublie parfois de ressembler à un film. Dans la justesse des dialogues ou des souffles, dans l'indécision des personnages on sort du cliché, car non aucune rencontre n'est parfaite et surtout aucune ne se fait sur fond de violons.

Marc Flageul