sorti le 17/12/2025
Doux mélange entre romance et concept fantastique, ce premier film d’Alice Vial aborde avec sensibilité l’amour et la vie. Elsa, 40 ans, célibataire, a renoncé aux histoires d'amour. Pour cause, sa capacité à communiquer avec les morts la garde à distance des autres. Un soir, elle rencontre Oscar, un homme drôle et charmant qui lui redonne de l'espoir. Malheureusement, au moment où elle commence enfin à tomber amoureuse, Elsa réalise que leur histoire n'est pas aussi réelle qu'elle ne le pensait.
Aussi bien interprété qu’écrit, le métrage développe une émotion à fleur de peau pour les personnages. Sortant de sa zone de confort, Jonathan Cohen apporte un poids dramatique fort à Oscar, entre ses joies, sa tombée en amour et sa résignation, mais se sert aussi de son talent comique habituel pour compenser les insécurités de son personnage. Toutefois, c’est surtout l’actrice principale Magalie Lépine-Blondeau qui porte le métrage puisque le point de vue est celui d’Elsa. Contrainte de vivre avec son don, elle se retrouve constamment en décalage, notamment avec ses collègues de travail du service de soins palliatifs.
Si la mise en scène n’a rien de remarquable, sa simplicité permet de développer l’attachement aux personnages par la multiplication de plans épaules cadrant les visages de près, les suivant parfois en mouvement dans les moments clés du film (accident, rencontre, concert…). Chaleureuse et réconfortante, la photographie tire parti des nombreuses scènes de nuit pour travailler des lumières tamisées, douces mais contrastées. Ce soin apporté à l’image se retrouve aussi dans la bande originale et son ambiance électro calme et élégante qui confond la composition extradiégétique d’Olivier Marguerit avec celle intradiégétique de l’âme idéale.
Gwendal Ollivier
