sorti le 22/04/2026
Célibataire endurci depuis sa dernière séparation, Rémi s’est mis en couple avec sa poupée nommée Audrey. Le jour où Patricia, une nouvelle collègue, arrive dans son entreprise, la poupée de Rémi s’anime soudain. Avec ce postulat qui sonne comme une mauvaise blague, le film développe un basique récit de compréhension de la valeur réelle de l’amour. Malgré son personnage de femme littéralement objet, le discours n’est jamais irrévérencieux et se contente d’une pseudo prise d’indépendance d’Audrey auprès de la sœur non binaire de Rémi. Abordés avec une maladresse embarrassante, ces sujets de société sont lourdement confrontés au portrait cliché des parents artificiels ; la mère étant complètement refaite par le père qui est chirurgien.
Premier long métrage de Sophie Beaulieu, le film manque d’un véritable regard d’auteur à la fois dans son discours et dans sa mise en scène. Sans être complètement raté, il ne brille pas non plus par sa dimension technique très fonctionnelle, aussi plate que son éclairage de plateau télé. L’amour, la sensualité et les désirs du protagoniste, qui devraient pourtant être au cœur de l’histoire, ne sont ainsi jamais illustrés par la mise en scène qui reste factuelle, n’embrassant ni le point de vue du protagoniste, ni le regard extérieur de son entourage ou des deux femmes de ce "triangle amoureux" qui aurait pu par exemple être montré comme absurde.
Surnageant au-dessus de cette esthétique quelconque et cette écriture maladroite, les acteurs sauvent le métrage. Toujours aussi bon dans les rôles d’homme mal à l’aise et en quête d’amour, Vincent Macaigne porte le film et son concept bancal par un jeu naturellement timoré. Côté féminin, Zoé Marchal incarne correctement la nonchalance d’Audrey tandis que Cécile de France fait ce qu’elle peut avec ce rôle de la nouvelle collègue, paradoxalement pensé dans le seul but de plaire et matcher parfaitement au protagoniste, telle une réelle poupée.
Gwendal Ollivier