La chute du maléfique Empire Galactique a précipité la dispersion des seigneurs de guerre impériaux à travers la galaxie… Pour protéger tout ce pour quoi la Rébellion s’est battue, la jeune Nouvelle République décide de faire appel au légendaire chasseur de primes mandalorien Din Djarin et son jeune apprenti Grogu…
sorti le 20/05/2026
7 ans après l’Épisode X, unanimement reconnu comme une conclusion ratée pour une trilogie bancale qui a décuplé les divisions au sein des fans de Star Wars, un nouveau film sort dans l’indifférence au cinéma. Suite de la série Disney+ The Mandalorian, l’intrigue se situe quelques années après l’Épisode VI. La chute du maléfique Empire Galactique a précipité la dispersion des seigneurs de guerre impériaux à travers la galaxie. Pour protéger tout ce pour quoi la Rébellion s’est battue, la jeune Nouvelle République décide de faire appel au légendaire chasseur de primes Mandalorien Din Djarin et son jeune apprenti Grogu.
Sans nécessiter le visionnage de la série The Mandalorian, ce film sonne comme un assemblage de deux ou trois épisodes fillers qui ne font progresser ni l’univers ni les protagonistes. Alors que la saison 2 aurait pu marquer une belle fin avec la séparation de Mando et Grogu, la série sur Boba Fett les avait réunis pour une saison 3 qui venait renforcer leur affiliation et s’achevait sur une retraite bien méritée à laquelle ce film les arrache. Si Din Djarin n’a rien de très intéressant à raconter derrière son masque qu’il ne peut enlever selon "la voie", Grogu n’a rien de plus à offrir car les besoins marketing de Disney l’obligent à rester indéfiniment un bébé qui ne parle pas et se contente de faire des choses mignonnes pour la caméra. Son seul objectif étant de manger et d’appuyer sur des boutons (ce qui sera son accomplissement final), le film met plus d’une heure à lui offrir un rôle qui mérite que son nom soit accolé à celui de Mando dans le titre.
Mariant astucieusement le meilleur des deux trilogies de Lucas en matière d’aliens, Filoni offre un design ingénieux à la garde des Hutts, constituées de droïdes de la prélogie réassemblés, tandis qu’il donne vie à des marionnettes très palpables, bien plus réussies que les créatures en CGI. À l’instar du nostalgique Épisode VII, ce film reprend assez gratuitement un assaut final de X-Wings, avec toute l’imagerie qui l’accompagne pour évoquer le tout premier film Star Wars. De même, les décors souffrent d’un léger manque d’originalité, entre une planète enneigée pour l’intro, un bord de plage pour la base militaire de la Nouvelle République, une ville états-unienne à peine camouflée par la fumée et la nuit pour la première quête, et les marais singuliers des Hutts, largement repris de l’excellente série animée The Clone Wars. Et ce n’est pas la seule chose qui vient de cette série.
En premier lieu, l’un des personnages majeurs de ce film, Rotta, avait été introduit dans le film animé The Clone Wars et son enlèvement servait déjà d’élément déclencheur de l’intrigue. Désormais à la tête de Lucasfilm, Dave Filoni replace ainsi le maximum de personnages qu’il a créés au sein des nouvelles productions. Ce film remet notamment en scène Embo, chasseur de primes introduit dans la saison 2 de The Clone Wars et doublé par Filoni en personne, ainsi que Zeb, de la bande de protagonistes de la série animée Rebels qui devient le pilote de Mando (redondant puisque Mando est déjà un pilote). En plus de son rôle à travers la voix d’Embo, Filoni fait un caméo à deux reprises comme un pilote de la Nouvelle République, orné de son habituel chapeau, ce qui sort complètement du film et révèle un égo dangereux, inquiétant pour l’avenir de la franchise.
Si la photographie est souvent noyée par une imagerie embrumée et des couleurs ternes, le son est au contraire éclatant. Sublimée par la musique de Ludwig Göransson qui reprend son thème mythique de Mando créé pour la série, la bande originale s’inscrit étonnamment parfaitement dans la lignée du travail de John Williams sans jamais chercher à le singer. À l’opposé des compositions orchestrales du maestro, Göransson utilise synthé doux, guitare électrique et flûte pour accompagner Grogu et introduit un nouveau thème dans le style synthwave appuyé par des kicks profonds pour caractériser la planète au design proche d’une métropole états-unienne avec ses métros suspendus. Malgré sa musique impactante et ses deux héros iconiques, le film souffre d’un ventre mou une fois la première quête achevée, donnant à l’ensemble l’allure d’une énième aventure du Mandalorien et de Grogu.
Gwendal Ollivier