Juin 1940. La France s'effondre et signe l’armistice. Au milieu du chaos, un homme refuse de céder. Seul contre tous, ce général inconnu s'échappe vers Londres pour sauver ce qu'il reste d'un rêve : la liberté. Sans armée, sans appui, sans espoir. Mais avec une folle conviction : la France, sa France, n'a pas déposé les armes. Il tente un ultime pari : convaincre le monde que la bataille de France n'est ni terminée, ni perdue. La réalité est têtue, et lui donne tort. Mais peu à peu se lèvent autour de lui en Angleterre, en France et en Afrique des résistants de l'ombre, des lycéens révoltés, des soldats déterminés. Leur foi, leur audace, leur rage de liberté défient l'Histoire qui semblait pourtant écrite d’avance.
sorti le 03/06/2026
Après Le Chant du Loup, un premier film excellent et très prometteur, Antonin Baudry a attendu 7 ans pour réaliser à nouveau un film… ou plutôt deux films ! Première partie d’un diptyque centré sur le général De Gaulle, ce long métrage impressionne par son imagerie de blockbuster sans jamais sacrifier son point de vue singulier sur l’Histoire. Juin 1940, alors que la France signe l’armistice, un général peu connu refuse de céder et s’échappe vers Londres pour sauver ce qui reste d’un rêve : la liberté. Sans armée, sans appui, sans espoir, De Gaulle est animé de la folle conviction que la France, sa France, n’a pas déposé les armes.
Avec son budget colossal de 74 millions d’euros pour le diptyque, le film répond à la fois à sa promesse de grand spectacle et de fresque historique ambitieuse. La mise en scène de Baudry est ample dans les scènes d’action, proche des personnages dans les moments de tension, sobre dans les échanges et distille de bonnes petites idées comme le montage qui fait succéder des plans à hauteur des pieds des généraux et colonels qui rendent visite à De Gaulle en début de film. De même, après l’excellent mixage de son premier film autour des sous-marins nucléaires, le réalisateur travaille à nouveau un espace sonore riche et immersif, sublimé par la musique puissante du compositeur allemand Volker Bertelmann.
Dès la scène d’introduction aux mouvements de caméra majestueux, le général de Gaulle est caractérisé comme un homme têtu et un stratège hors pair. Brillamment interprété par Simon Abkarian, de Gaulle énerve et impressionne par sa rigidité, une incarnation de l’arc plat de personnage, un roc moral immuable dans un monde chaotique qu’il devra astucieusement bousculer pour l’aligner à ses valeurs. Tout aussi maîtrisée que son écriture, l’apparence du protagoniste est portée par un travail remarquable d’habillage/maquillage/coiffure ainsi que de mise en scène pour grandir l’acteur.
Malgré le budget et l’opulence de personnages, les têtes d’affiche n’accaparent pas tous les rôles principaux. En dehors de Mathieu Kassovitz, Benoît Magimel, Karim Leklou, Niels Schneider et Anamaria Vartolomei, le casting international composé de têtes peu connues renforce la crédibilité de l’œuvre et facilite l’immersion. Partageant une part conséquente du temps d’écran, Florian Lesieur incarne un jeune résistant directement inspiré par les paroles du général tandis que Simon Russell Beale campe un Churchill désemparé entre un appel à l’aide américaine et le soutien à un homme qu’il semble être l’un des seuls à comprendre. Rendez-vous dans un mois pour découvrir la deuxième partie du diptyque, La Bataille de Gaulle.
Gwendal Ollivier