sorti le 26/06/2026
Cette deuxième partie du diptyque d’Antonin Baudry vient parfaitement compléter la première. Janvier 1943, alors que la résistance s’organise à Paris, la France Libre mène des combats par les armes et par les négociations, entre Paris, Londres et Alger. Après avoir accumulé les problèmes de production, le diptyque, dont le budget officiel était de 74 millions d’euros, aurait en réalité grimpé entre 80 et 100 millions. Et pourtant, il faudrait être aveugle pour dire que la mise en scène de Baudry ne vaut pas cet argent.
Tout aussi impressionnant dans son imagerie que dans sa spatialisation sonore digne d’un bon blockbuster, ce long métrage a l’avantage de conclure l’intrigue, s’appuyant sur les fondations de la première partie pour amener à une conclusion très satisfaisante. Par son montage millimétré, le réalisateur porte l’épique de la montée en tension vers la fin du conflit dans les scènes d’action mais surtout dans les échanges bureaucratiques. Il insuffle ainsi une énergie aux négociations et aux jeux politiques cruciaux de cette période où la France est passée à deux doigts de devenir une colonie américaine. Pour sublimer le ton de l’œuvre, le jeune Théo Cascio prend le relais de l’oscarisé Volker Bertelmann et livre une bande originale encore plus immersive que celle de la première partie, à coup de thèmes, d’ostinatos grimpants et de compositions orchestrales tragiques et épiques.
Au cœur du combat du Général, la question de la souveraineté française sous l’occupation est le moteur dramatique du récit. Brièvement apparu dans la première partie, Roosevelt est cette fois montré dans une position de force stratégique malgré une faiblesse physique et une froideur calculatrice parfaitement saisie par son interprète Campbell Scott. Nouvelle recrue de cette deuxième partie, Thierry Lhermitte interprète avec une légèreté bien dosée le général Giraud, marionnette du président américain. Occupant le rôle d’antagoniste laissé par le personnage de Kassovitz, il suit le même schéma narratif du miroir militaire représentant le compromis face à un De Gaulle représentant la stabilité morale inébranlable.
Simon Abkarian livre une performance toujours impeccable dans le rôle droit et fier du Général, mais cette deuxième partie donne aussi plus de temps d’écran à la résistance française par le biais des personnages d’Anamaria Vartolomei et de Félix Kysyl. Dans la peau de Jean Moulin, l’acteur apporte une couche de mystère à cet homme méticuleux et animé d’un idéal de la France Libre qui complète celui de De Gaulle. Sur le terrain nord-africain, le film accorde aussi une place plus grande au général Leclerc, campé par Niels Schneider, et rend justice à ses accomplissements tout au long de la bataille de Gaulle.
Gwendal Ollivier