Dans un futur proche où une pandémie sans nom a décimé la société américaine, Hig, un pilote vit sur une base aérienne abandonnée du Colorado avec son chien et un ex-marine. Lorsqu'une transmission aléatoire passe par la radio de son Cessna 1956, la voix fait naître au plus profond du pilote l'espoir qu'une vie meilleure existe en dehors de leur périmètre étroitement contrôlé…
sorti le 26/08/2026
Du haut de ses 88 ans, Ridley Scott s’attaque à un genre qu’il n’avait jamais expérimenté afin de déconstruire sa vision de l’humanité. Dans un futur proche où une pandémie sans nom a décimé la société américaine, Hig, un pilote vit sur une base aérienne abandonnée du Colorado avec son chien et un ex-marine. Lorsqu'une transmission aléatoire passe par la radio de son avion, la voix fait naître au plus profond du pilote l'espoir qu'une vie meilleure existe en dehors de leur périmètre étroitement contrôlé.
Contrairement à ce que les bandes annonces laissaient présager, il n’est pas ici question d’un film d’action, encore moins peuplé de zombies ou en proie à des catastrophes naturelles. Le réalisateur britannique investit au contraire le genre du postapocalyptique de manière minimaliste à la fois par ses enjeux et son univers. Dans un monde où la nature commence à reprendre ses droits sur les constructions humaines abandonnées, l’histoire s’intéresse à un protagoniste autour duquel gravitent quelques autres personnages, figures d’une Amérique d’antan.
Jouant avec les codes du western, le film est ponctué de séquences d’action aussitôt suivies d’un retour au calme, parfaitement accompagné par le rythme contemplatif des notes de guitare de Harry Gregson-Williams. Ces emprunts au western se retrouvent aussi dans la représentation de la horde qui attaque le camp des protagonistes, rappelant des amérindiens, complètement dénués de paroles. De même, l’ex-marine campé par l’imposant Josh Brolin se contente de ce nouvel état de droit qu’il perçoit comme un rêve américain épuré dans lequel il convient de défendre son bout de terrain à coups de sniper et de mitraillette. Ces représentations couplées au refuge final du film soulèvent des questions idéologiques que Scott n’adresse pas.
En dépit de son fond politique réactionnaire, le film adopte le point de vue de travailleurs (mécano, agriculteur, infirmière) contre la folie meurtrière des autres. Puisqu’il n’est jamais auteur des scénarios de ses films, la patte de Scott se caractérise avant tout par la mise en scène, son travail toujours millimétré du cadre, y compris depuis qu’il a pris l’habitude de tourner en multicam. Ainsi, le réalisateur illustre brillamment les pulsions de mort de son protagoniste par les séquences en avion très prenantes et palpables, alliant maîtrise du cadre, du montage et des effets spéciaux. Hélas, le film peine à livrer une émotion concrète, faute à un pathos trop classique, une amourette trop en surface, des visions d’horreur à Grand Junction trop brèves et un attachement à Jasper pas assez fort pour nommer le film la constellation du chien.
Gwendal Ollivier