Nora, Thomas et leur fille Ida vivent dans une ferme isolée avec pour seule voisine, Cristina, une peintre italienne. Alors que tout le monde prépare une soirée d’anniversaire surprise pour Nora, trois hommes rôdent autour de la maison et s’invitent à la fête, faisant surgir des secrets bien gardés…
sorti le 16/09/2026
Après un film sur le passage à l’âge adulte puis un drame lorgnant vers le fantastique, Léa Mysius s’essaie, avec son troisième long métrage, à un nouveau genre. Cette adaptation du livre éponyme de Laurent Mauvignier puise dans le film de home invasion sur fond de drame familial. Nora, Thomas et leur fille Ida vivent dans une ferme isolée avec pour seule voisine Cristina, une peintre italienne. Alors que tout le monde prépare une soirée d'anniversaire surprise pour Nora, trois hommes rôdent autour de la maison et s'invitent à la fête, faisant surgir des secrets bien gardés.
Construisant son intrigue autour du mystère et de la pression qu’engendre l’arrivée des trois frères dans la maison, la réalisatrice a du mal à tenir le spectateur en haleine. Le scénario n’est à la fois pas assez tendu pour faire naître un sentiment de peur et trop prévisible pour accrocher par son mystère ; à chaque fois qu'un retournement est présenté, on devine assez facilement où cela va mener (toile où il manque un élément, viralité de la vidéo TikTok, raison des années de prison du grand frère...). Ce problème de dosage se ressent dès le début du film, alors que la musique est utilisée sur un registre anemphatique, couvrant des scènes de quotidien d'une tension inutile, ce qui diminue l'impact de son utilisation emphatique dans les moments réels de montée en tension.
Point fort du film, les acteurs sont dans l’ensemble bien dirigés, en particulier le duo Monica Bellucci et Alane Delhaye dont l’histoire parallèle est assez touchante mais malheureusement décevante. Benoît Magimel est quant à lui toujours magnétique dans la peau de personnages d'hommes véreux débordant de charisme tandis que Bastien Bouillon incarne au contraire parfaitement la large palette d'états par lesquels passe son personnage, de la lâcheté qui se tait à la désinhibition qui donne le courage d'agir. Si Hafsi Herzi frôle le surjeu, ce n’est pas du tout le cas de la jeune Tawba El Gharchi qui impressionne par sa justesse et qui permet de suivre jusqu’au bout cette histoire de la nuit.
Gwendal Ollivier