sorti le 09/09/2026
Après une comédie relativement mal écrite, Christine Paillard, ancienne actrice devenue scénariste, signe une deuxième réalisation qui tape à côté, un drame d’ado raconté par une quinquagénaire. Suite à la perte de son père dans un accident aux circonstances troubles, Billie, 14 ans, déménage dans une nouvelle ville avec sa mère et son frère. Alors que ces bouleversements accentuent les tensions familiales, elle fait de nouvelles rencontres et se raccroche à la musique qui la relie encore à son père. Billie se lance alors dans une quête qui pourrait aussi bien la sauver que faire voler sa famille en éclats.
Pour une réalisatrice elle-même comédienne, il est tout d’abord étonnant de constater à quel point les acteurs semblent mal dirigés. Affectant y compris Rochdy Zem dans plusieurs scènes, cette mauvaise direction se ressent particulièrement sur le casting secondaire, notamment le frère de Billie ainsi que ses camarades de classe qui surjouent les ados mais ne sont jamais crédibles. Avec un vocabulaire « de jeunes », les dialogues des ados sonnent aussi artificiels que leurs relations, en particulier celle de Billie avec sa voisine. Ainsi, les deux filles n’ont rien en commun (pas le même âge, ni le même milieu social, ni les mêmes goûts, ni le même humour, ni les mêmes potes) mais tombent tout de même meilleures amies par la magie du scénario.
Au-delà des dialogues, l’histoire n’est pas très bien écrite ni bien pensée dans sa réalisation. Faire un film sur le deuil où la personne décédée apparaît sans cesse empêche en effet de ressentir le manque. Le spectateur ne peut donc pas pleinement entrer en empathie avec l’absence dont parle Billie puisque son père est le second personnage le plus présent à l’image. Enfin, pour un film centré autour de la musique, cet élément est sous-exploité, jamais prenant ni instigateur de rythme. La musique sert seulement de moteur superficiel à un récit convenu, censée dénouer une relation mère-fille brisée. Pourtant, le film n’a même pas l’audace de montrer l’impact réel de la chanson Billie Melody.
Gwendal Ollivier