sorti le 07/10/2026
Suite spirituelle du film de David Fincher The Social Network, ce nouveau film s'inspire de l'histoire vraie de Frances Haugen, une jeune ingénieure de Facebook, qui sollicite l'aide de Jeff Horwitz, journaliste au Wall Street Journal. Ensemble, ils se lancent dans une enquête pleine de dangers qui les mènera à révéler au grand jour les secrets bien gardés du puissant réseau social, publiés sous le nom des Facebook Files.
Avant toute chose, il semble important de rappeler que le premier film, The Social Network, est un très grand film, probablement le meilleur de la carrière de son réalisateur. Si Sorkin revient à l’écriture de cette suite, il prend aussi la place de Fincher à la réalisation, ce qui, de son propre aveu, empêche de sublimer son scénario par des idées visuelles. Sorkin livre donc un film beaucoup plus académique dans sa direction artistique avec une photographie léchée, des mouvements de caméra sobres mais une absence de narration par la mise en scène.
Scénariste réputé, Sorkin s’appuie sur son écriture captivante des dialogues mais aussi sur la temporalité de la narration pour rendre le rythme parfaitement fluide. Ainsi, les allers-retours entre l’enquête journalistique en 2019 et l’assaut du Capitole du 6 janvier 2021 relient artificiellement deux évènements n’ayant pas de cause à effet direct mais permettent de faire monter une tension indéniable jusqu’au climax. Ce montage alterné casse toutefois la logique d’un découpage en chapitre, procédé d’ailleurs assez anti-cinématographique.
Toutefois, le film bénéficie des performances de Mikey Madison et de Jeremy Allen White qui construisent cette enquête entre le parc et les chambres d’hôtel. Bien que le danger qui plane au-dessus de Frances Haugen ne paraisse jamais réellement concret, le film parvient à créer un lien empathique avec cette lanceuse d’alerte profondément fascinée par l’entreprise qu’elle dénonce. Avec son ouverture glaçante dirigée avec brio, le réalisateur pose le constat inquiétant d’une montée de la haine et d’une polarisation des idées. Alors que le film de Fincher était réellement visionnaire en 2010 sur la personnalité de Zuckerberg, le message des Facebook Files sur le fonctionnement néfaste des algorithmes semble au contraire admis, connu des « utilisateurs » sans pour autant avoir susciter de prise de conscience sociale.
Gwendal Ollivier