Les renforts sont partis maîtriser des feux de forêt et toutes les communications sont coupées. Au poste de police de Hope, Bum-seok et Sung-ae se démènent pour défendre leur village à la population vieillissante. Pendant ce temps, Sung-ki et ses amis partent à la poursuite de la bête dans la montagne mais se retrouvent eux-mêmes pris pour cible. Le malheur émane de l’ignorance. Après des avis divergents, il se transforme en une catastrophe qui touche l’univers entier.
sorti le 28/10/2026
Réalisateur coréen particulièrement réputé, Na Hong-jin revient, dix ans après The Stranger, avec un film d’action fantastique. Beom-seok est le chef de la police de Hope, un petit village à la population vieillissante, situé près de la zone coréenne démilitarisée. Son cousin, Seong-ki, lui demande d’enquêter sur le cas d’un bœuf mort portant des blessures béantes. De retour à Hope, Beom-seok découvre un véritable massacre baigné d’un étrange calme d’après-tempête qui n’est pas l’œuvre d’un simple animal sauvage.
Plus gros budget de l’histoire du cinéma coréen, ce film marque par la folie de sa mise en scène. Toujours ultra dynamique, la caméra suit les personnages d’abord de dos pour explorer le mystère, puis souvent de face lors des courses filmées en travellings impressionnants. Le décor urbain dévasté de la première heure est un terrain de jeu à la fois grandiose et mystérieux qui permet d’attiser la curiosité quant à la cause de toute cette destruction. Cette révélation fait basculer le film dans une première séquence d’action absolument jouissive, si bien que le film semble ensuite retomber à plat. Redémarrant doucement pour gagner le climax, le réalisateur est contraint d’en faire toujours plus dans ses séquences d’action dans la forêt qui deviennent répétitives, l’apogée étant atteinte par l’interminable dernière course-poursuite sur la route.
Ouvertement révélés dans les bandes-annonces, les aliens sont à la fois un point fort et le gros point faible du film. Leur taille et leur vitesse les rendent absolument terrifiants, véritables créatures du chaos, inarrêtables. Hélas, malgré un budget conséquent, les effets spéciaux semblent toujours étranges, avec une volonté d’hyperréalisme qui se heurte à un rendu pas assez maîtrisé. De même, l’absence de flou de mouvement lors de leurs déplacements furtifs renforce cette sensation de créatures numériques ajoutées en post-production.
La vitesse des aliens pose aussi de gros problèmes dans l’action puisque le montage retarde sans cesse leur progression pour protéger les personnages principaux. Ces héros increvables balancés contre des arbres comme des poupées de chiffon deviennent à mesure que le film avance moins attachants, quittant le domaine du polar coréen pour se diriger vers l’action décérébrée avec des touches comiques pas toujours bienvenues. Cette action est toutefois appuyée par un sound design immersif et une musique de Michael Abels dénuée de thèmes mais tout de même très efficace.
En dépit de ces maladresses visuelles et narratives, le film n’en reste pas moins l’un des films d’action les plus impressionnants de ces dernières années et mérite d’être vu sur un grand écran. Changeant radicalement la focale, les dernières minutes du récit ouvrent clairement sur une suite qui ne verra peut-être jamais le jour d’après les dires du réalisateur qui semble avoir peu d’espoir.
Gwendal Ollivier